Le peintre et sculpteur
Percyval Tudor-Hart, en 1935



Ernest Percyval Tudor-Hart est né à Montréal le 17 décembre 1873, du Montréalais Frédérick Hart et de l’Américaine Eleonora Tudor, descendante de la famille royale anglaise ayant portée au trône des souverains aussi illustres que Henry VIII et Élizabeth 1ere .

Percyval Tudor-Hart étudie d’abord à Montréal, puis à Londres, à l’École Saint-Paul. Il s’installe ensuite à Paris et étudie aux Beaux-Arts sous la tutelle de Gérôme (1824-1904), après avoir délibérément raté les études de médecine que son père lui avait imposées : Frédérick Hart, d’un tempérament très pragmatique, avait enseigné deux choses essentielles à ses fils, soit de ne jamais s’adonner à l’art et à la musique. Percyval ne put jamais s’y résoudre, bien au contraire. En 1900, Percyval Tudor-Hart épouse sa cousine, Nellie Kleczkowska, fille du conte Kleczkowski et de Effie Tudor, de huit ans son aînée. Deux enfants naîtront de cette union : Alexander Ethan Tudor-Hart (1901) et Helena Beatrix Tudor-Hart (1903).

De 1903 à 1925 environ, Percyval enseigne dans sa propre école d’art à Paris, au 68 rue d’Assas, puis à Londres. En 1917, Nellie meurt de tuberculose pulmonaire, anciennement appelée phtisie. Elle n’a que 52 ans.

Percyval Tudor-Hart épouse Nancy Richards en 1921. Percyval débute en 1926 le plus grand projet de sa carrière, la conception d’une tapisserie, Le Premier Péché, tissée par licier issu de l’école des Gobelins à Paris. La tapisserie représente Adam et Ève au jardin d’Éden. Elle fera 8½’ de large par 10½’ de haut.

Nancy Richards Tudor-Hart meurt en 1931 de la méningite, à l’âge de 50 ans. Percyval est si éprouvé par la mort de sa seconde épouse que sa famille craint qu’il ne perde sa raison. La reprise des contacts avec Catherine Rhodes le sauva peut-être.

À l’automne 1933, Percyval Tudor-Hart quitte Londres pour Montréal afin de régler des dossiers concernant la succession Hart. À bord de l’Empress of Britain, Percyval envoie un télégramme à Cataraqui demandant à Catherine Rhodes si, dans l’éventualité d’une escale à Québec, il pourrait lui rendre visite. Catherine répond affirmativement. Son père était décédé l’année précédente, et Catherine s’occupe de sa mère, invalide. Depuis longtemps, elle n’avait point touché à un pinceau.

Percyval Tudor-Hart, que tous appellent par ses initiales P.T.H. prononcées en anglais, reste quelques jours à Cataraqui. Une idylle s’installe entre Catherine et lui. Après son départ de Cataraqui, Percyval écrit jusqu’à six lettres d’amour par semaine à sa nouvelle flamme, en français puisqu’il prétend mieux s’exprimer dans cette langue. Catherine et Percyval s’unissent le 1er juin 1935. Percyval Tudor-Hart a 62 ans. Catherine Rhodes en a 47, celle-ci se mariant pour la première fois. Ainsi s’ouvre une période des plus fastes dans l’histoire du Domaine Cataraqui, l’art sous toutes ses formes se mariant désormais à l’architecture néoclassique et aux jardins inspirés du mouvement pittoresque, des collections de pianos côtoyant les œuvres de grands peintres dont le nouveau venu, Percyval Tudor-Hart, n’était pas le moindre.

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