Catherine et Percyval Tudor-Hart
devant les cartons de la
tapisserie Le premier péché. Vers 1940
Photo : Collection du Domaine Cataraqui



Percyval Tudor-Hart s’installe donc à Cataraqui en 1935, et prend possession de l’atelier adjacent à la remise. Les esquisses peintes du Premier Péché sont pratiquement terminées : il ne reste qu’un pied d’Adam à peindre.

En 1936, il engage une équipe de chômeurs de l’Anse aux Foulons qui s’emploieront à redessiner le terrain de Cataraqui. Plusieurs milliers de tonnes de terres seront déplacées afin de donner au site des contours et des formes plus artistiques. Le vent fouettant l’herbe crée ainsi l’illusion de vagues roulant vers le Saint-Laurent.

Lily Jamison Rhodes, mère adoptive de Catherine, meurt en 1939. Catherine et Percyval deviennent maîtres de Cataraqui. Ce dernier rapatrie à temps ses plus beaux meubles d’Angleterre, les gardant désormais loin des menaces de bombardements allemands.

Mais encore plus précieux sont ses petits-enfants : en 1940, Jennifer et Delia Tudor-Hart, âgées toutes les deux d’une douzaine d’années, viennent s’installer à Cataraqui pour la durée de la guerre. Leur grand-père passe beaucoup de temps avec elles, ne touchant plus à ses pinceaux. Il s’implique plutôt dans le mouvement France libre de Québec, devenant même l’un des principaux appuis financiers de cette organisation vouée à renverser l’opinion publique canadienne française en faveur des efforts de résistance du Général de Gaulle lors de la Deuxième Guerre mondiale. C’est qu’à cette époque, une majorité de Canadiens français appuie le gouvernement de Vichy et le maréchal Pétain.

Seul intermède dans la pause artistique que Percyval s’accorde, le Musée du Québec présente une rétrospective de ses œuvres en 1943. Percyval Tudor-Hart n’avait pas fait d’exposition solo depuis 1897, à Paris.

Suite au décès de George Penney, un nouveau régisseur est engagé en 1945. Il s’agit de Toussaint-Emmanuel Le Pennec, né le 7 décembre 1902 à Saint-Pierre de Jersey, la plus grande des îles anglo-normandes de la Manche. Après son départ de Cataraqui en 1950, le fermier Émile Robitaille assure l’intérim à titre de régisseur. Maurice Jeanneret devient le nouveau régisseur en 1955. Il a 38 ans. Il y travaille jusqu’en 1972.

Percyval vit désormais à Cataraqui à temps plein, voyageant de moins en moins sauf pour se rendre l’été venu à sa demeure de Tadoussac en compagnie de Catherine et de ses petits enfants. Percyval Tudor-Hart s’éteint le 8 juin 1954, à l’âge de 81 ans.

Au-dessus de cette inscription apparaît le sigle qu’il utilisait pour signer ses toiles : la rose blanche à cinq pétales de la famille des Tudor encerclée d’un cœur.

Catherine Rhodes Tudor-Hart vit dans le souvenir de son époux en compagnie de quelques serviteurs, et travaille avec Alasdair Alpin MacGregor à une biographie consacrée à Percyval Tudor-Hart, Percyval Tudor-Hart : Portrait of an Artist, publiée en 1961.

Catherine Lily Jennings Rhodes Tudor-Hart s’éteint en avril 1972. Elle avait 84 ans.

-- Résumé préparé par Frédéric Smith, historien et archiviste


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